C’était bien les JO ?
Jeudi 9 août 2012, 92ème minute. La prolongation se dessine. Le Canada, dominé pendant tout le match, obtient un dernier coup franc. Un cafouillage dans la surface, un ballon qui traîne, Diana Matheson le reçoit et crucifie les bleues. Les Canadiennes s’imposent et empochent la médaille de bronze des jeux olympiques 2012 de Londres. La déception est grande, les larmes coulent. Auteurs d’une campagne plus que satisfaisante, les Bleues échouent à la pire place possible, celle de la médaille en chocolat comme l’année dernière à la Coupe du monde. FootEnTalons vous fait un bilan et vous offre les enseignements du parcours des filles de Bruno Bini.
La demi-finale de la confirmation
En 2011, lors de la Coupe du monde, le parcours des Bleues ressemblait plus à un exploit qu’autre chose. Participant pour la deuxième fois à cette compétition (première fois en 2002), les françaises avaient surpris leur monde. Offrant un fond de jeu charmant tout le monde du football, les coéquipières de Camile Abily atteignaient les demi-finales puis ensuite la petite finale pour repartir bredouille.
Un an après, les Bleues étaient attendues. Considérées dès lors comme une place forte du football féminin, elles devaient confirmer ce nouveau statut. Se qualifiant pour les quarts de finale, les Bleues rencontrent la Suède. L’emportant 2-1, les Françaises passent un stade et prouvant que la défaite de 2011 est oubliée. Dominant leur demi-finale ainsi que le match pour la 3ème place, les coéquipières de Bussaglia ont réussi à assurer leur place au sein du gotha international sans réussir une nouvelle fois à attraper cette médaille qui récompenserait le travail effectué. Fini la déception, les Bleues devront se relever et décrocher une médaille à l’Euro 2013, attendu par toute une génération et les supporters.
Une charnière centrale solide
1,66. Voici la moyenne de buts encaissés par la défense française lors de la Coupe du monde 2011. Les bien pensants ont fait une fixette sur Bérangère Sapowizc, cible facile après quelques erreurs durant la compétition. Or, la plupart ont oublié que le véritable problème aura été la charnière centrale. A part Laura Georges ayant effectuée tous les matchs, la lyonnaise s’est retrouvée avec une nouvelle coéquipière durant chaque match. Wendie Renard, Ophélie Meilleroux, Sabrina Viguier, les défenseuses se succèdent sans succès. Bruno Bini n’avait pas trouvé cet équilibre si important pour la construction d’une équipe et sa colonne vertébrale.
Ces JO ont gommé cette réflexion. Avec une moyenne de 1,16, les Françaises sont en progression malgré les prestations moyennes de Bouhaddi et les critiques nombreuses sur Franco. Le duo Renard-Georges s’est imposé au poste même si Ophélie Meilleroux est titulaire lors du premier match et même capitaine en l’absence de Soubeyrand. Complémentaires à souhait, Georges occupe plus une place de stoppeuse. Elle a comme rôle de prendre à la « culotte » l’attaquante de l’équipe adversaire, tactique employée par la plupart des coach des grosses nations jouant avec une seule pointe (à part le Japon). Renard agit plus en libéro et sauve souvent les erreurs de ses coéquipiers ou le manque de vitesse de ses latérales. La jeune lyonnaise est dorénavant la patronne de la défense. Sa progression est fulgurante et constante. Tant mieux pour l’EDF.
Thomis et Delie, les satisfactions « surprises » de ces JO
Les réseaux sociaux ont la comparaison facile. Surnommée Jimmy Briand pour sa vitesse mais surtout son incapacité à faire les bons choix, Elodie Thomis était attendue. Avec un fort potentiel, le public espère plus de la Lyonnaise. Athlète de haut niveau (VMA de 18 alors que les autres filles sont souvent à 12), l’antillaise profite de sa vitesse et de ses dribles chaloupés pour faire la différence sur son côté droit. Malheureusement, elle fait souvent les mauvais choix et gâche ce potentiel. Or, pendant ces JO, le déclic est intervenu. Remuante et intelligente pendant les matchs de préparation, Thomis a confirmé son potentiel tout au long des rencontres. Offensivement tranchante, défensivement toujours présente pour compenser le manque de vitesse de Franco, la lyonnaise a toujours fait les bons choix. Elle s’est offerte plusieurs passes décisives et même un petit but. JO de folie pour l’antillaise et place de titulaire gagné en EDF.
2 buts en 6 matches. Le ratio peut paraître faible pour une attaquante. Marie-Laure Delie a manqué l’occasion d’être décisive pendant les grands matchs (en exceptant le but face aux USA certes). La montpelliéraine, auteur d’une saison en demi-teinte, était attendue au tournant. Capable de prendre de vitesse n’importe quelle défense, l’attaquante française se devait de répondre aux critiques. Or, Marie-Laure Delie a effectué une très belle compétition. Bien que marquant encore trop peu de buts, elle a influé le jeu français par sa vitesse et ses décrochages ! Avec une seule pointe, les Bleues avaient besoin d’un point d’ancrage. Eugénie le Sommer (autre satisfaction) semblait plus enclin à devenir cette n°11 tant recherchée, capable de garder le ballon alors que Tonazzi est encore une fois non sélectionnée malgré son profil de pivot. Enfin capable de varier son jeu et de garder le ballon, Marie-Laure Delie a bougé les défenses adversaires et apporté beaucoup au front de l’attaque. Avec cette évolution, Bini peut ainsi envisager de nouvelles perspectives tactiques et peut-être un 4-4-2 avec Le Sommer en 9 et Delie en 11. Rêvons quelque peu.
Cette foutue place du « con »
Avec toutes ces 4ème ou 5ème place, les Français seraient premiers à la course aux médailles en chocolat. Nos Bleues n’y ont pas échappé. Dominant le match face au Japon mais surtout le Canada, les Françaises n’ont pas su concrétiser leurs occasions et doivent se satisfaire de la fameuse 4ème place. Avec toutes ces occasions et ces tirs manqués, le manque d’une « Impact player » saute aux yeux. Expliqué ici, les performances des Bleues lors de la Coupe du Monde 2011 avaient souligné l’absence d’une joueuse capable de débloquer la marque. Malgré le but décisif d’Elise Bussaglia face à l’Angleterre, les Bleues avaient pêché lors des grands matchs. Pendant ces JO, l’histoire a semblé se répéter. Malgré la multiplication d’occasions, les filles de Bini n’ont pas réussi à trouver le cadre face au Canada ou rater un penalty contre le Japon. Certes, la chance est un hasard mais parfois il faut aller la chercher.
Or, les joueuses ne sont pas les seules responsables. Malgré le bon travail effectué, les choix du coach ont été parfois décriés et surprenants. La véritable surprise et sujet de discussion est la titularisation de Soubeyrand au fil du tournoi. Arrivée blessée et hors de forme, la Juvisienne a tout donné mais a souvent été en retard au moment des replacements défensifs et quand le jeu accélérait au milieu de terrain. Alors que la doublette Abily-Bussaglia semblait fonctionner parfaitement, l’entraîneur français a pris tout le monde de court et assumer jusqu’au bout. Malheureusement pour lui, les rentrées de la lyonnaise lui ont donné tort. Nous pouvons également imaginer Julie Soyer prendre le côté droit et passer Franco en 6 pour faire souffler Bussaglia ou Abily. Thiney, également blessée, n’a pas pu offrir de bonnes prestations face au Japon et le Canada. Il aurait peut-être été préférable de titulariser Le Sommer à sa place. 60 millions de sélectionneurs mais c’est bien un seul qui prend les décisions.
L’Euro 2013, dernière chance de Bini ?
Avec cette nouvelle défaite, nous sommes en droit de nous questionne sur l’avenir du sélectionneur. Certes, cela peut paraitre sévère. Malgré une demi-finale et cette 4ème place, les Bleues semblent manquer lors des matchs importants d’un soupçon de caractère, de chance, de mental même. Mais il serait irresponsable de ne pas laisser Bruno Bini jusqu’à l’Euro 2013, symbole certain d’une fin de cycle. Avec des joueuses en fin de course (Soubeyrand) et une jeunesse pimpante (Gadea, Soyer, Catala, Makenza, Rubio, Dali & co), les françaises ont un bel avenir et un effectif important pour aller gagner enfin un titre et marquer le football français. Les supporters se rappellent des bonnes performances mais oublient avec le temps, contrairement aux titres …





"la défaite de 2011 est oublié"… E … Un accord au féminin ..
"les défenseuses se sont succédées sans succès… " L’accord du participe passé de se succéder est un piège classique… Attention sinon cool l’article…
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